Cette nuit-là, Trelkovsky rêva qu’il se relevait de son lit, qu’il le reculait du mur, et qu’à la place dissimulée par un des montants, il découvrait une porte. Étonné, il ouvrait cette porte et s’engageait dans un long couloir. Un souterrain plutôt. Le souterrain s’enfonçait dans le sol en s’élargissant de plus en plus, pour aboutir dans une grande salle vide dépourvue de porte et de fenêtres. Les murs en étaient totalement nus. Il reprenait le souterrain, revenait à la porte derrière le lit, et là, s’apercevait qu’elle était munie, côté souterrain, d’un verrou tout neuf et brillant. Il faisait jouer le pêne qui fonctionnait parfaitement, sans grincer. Il était alors envahi par une grande frayeur en se demandant qui avait posé le verrou, d’où venait cet être, où était-il allé et pourquoi avait-il laissé le verrou ouvert ?
— Roland Topor, le Locataire chimérique