Faut-il faire ça, vraiment ? Acheter des maisons, les rénover, y vivre ? Il a quarante ans et il l’ignore. Il ne sait pas comment faire autrement. (p. 13)
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J’ai le goût de bien m’installer dans la cave. (p. 15)
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L’homme sera incapable, toujours et à jamais, de poser des tablettes. Tracer une ligne droite, il ne peut pas. (p. 17)
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Il passe ses journées dans les mauvaises pièces. Quelques heures par jour à regarder le plancher de la cave, à respirer l’odeur humide du tabac dans la pièce vide du haut, à ne rien faire dans le bureau, à lire le dos des livres dans la bibliothèque. Faut-il accomplir quelque chose ? Réussir sa séparation ? Et à quoi le mesurerait-on ? (p. 23)
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Ces scénarios de lui lisant dans la lumière du matin, un café à la main, ou travaillant à loisir dans le bureau ordonné, comment se les est-il construits ? Penser qu’il puisse vivre seul, comment cette idée a-t-elle bien pu s’installer ? (p. 33-34)
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L’homme contient en lui les promesses d’un projet. Mais non, rien n’arrive à l’homme lorsqu’on le laisse tranquille. Ce n’est pas à quarante ans qu’il va entreprendre quelque chose de grand. (p. 71)
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S’il pouvait donner un cours sur lui, il le ferait. (p. 82)
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Le faisceau des réverbères reste immobile, mais on sent une sorte de mouvement, dans le vide au-dessus des rues, dans les cours désertes, entre les maisons qui n’en finissent plus d’être habitées par des gens qui ne sont pas soi. (p. 86-87)
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L’homme imagine toutes les conspirations, toutes les adorations. Serait-il possible que ses voisins se réunissent pour parler de lui, qu’ils échangent des photos, copient des films que, plus tard, une fois seuls, ils écoutent en silence ? (p. 105)
— Patrick Nicol, la Notaire