On est le 30 septembre et dehors, il fait gris. Aujourd’hui des milliers, des dizaines de milliers de gens partiront, rendant leur dernier souffle, tandis que des enfants naissent, dodus. Et toutes ces bêtes, dans les villes, les plaines, les forêts, ces organismes fantastiques, saisis par millions en cet immense mouvement d’évolution, qui existent de façon indéniable. Et les cinq océans qui charrient plus d’un milliard de tonnes d’eau peuplées par la vie. Et les profondeurs géologiques çà et là qui remuent, sensiblement. Et les corps célestes qui se déplacent, le soleil qui succède à la lune – c’est, comme on dit, l’ordre naturel, la Nature, voilà, toujours la même, toujours changeante et qui ne manque jamais de nous paraître un peu, disons, grandiloquente en sa magnificence même.
— Charles-Philippe Laperrière, Gens du milieu