Mais, surtout, Jean Dézert a fait sienne une grande vertu : il sait attendre. Toute la semaine, il attend le dimanche. À son ministère il attend de l’avancement, en attendant la retraite. Une fois retraité, il attendra la mort. Il considère la vie comme une salle d’attente pour voyageurs de troisième classe. Du moment qu’il a pris son billet il ne lui reste plus, sans bouger davantage, qu’à regarder passer les hommes d’équipe sur le quai. Un employé l’avertira lorsque le convoi partira ; mais il ignore encore vers quelle autre station.

— Jean de La Ville de Mirmont, les Dimanches de Jean Dézert