Sachez que le passage est une immense construction, un simple mortel ne peut imaginer son étendue. Extérieurement on ne voit que la surface, les murs, le verre, le métal, les étages qui s’empilent les uns sur les autres. Mais sous la surface s’étend, à une profondeur presque pareille, un labyrinthe de couloirs et de caves. Parmi ceux qui sont appelés à y pénétrer, mettons par leurs obligations de travail, chacun ne connaît qu’un secteur étroitement délimité. Personne n’en maîtrise la totalité, même pas moi qui suis certainement l’être au monde le mieux informé sur le sujet. Les établissements installés ici passent leurs temps à reconstruire, démolir ou transformer les lieux, la situation évolue de jour en jour et dans ces kilomètres de couloirs c’est une tâche surhumaine que de suivre et de noter toutes les innovations.

— Karel Pecka, Passage (trad. Barbora Faure)